Avant-première « Quand le poisson sort de l’eau » le 29 novembre à 18h30 à la MJC Jean Macé

C’est un périple cinématographique collectif d’un an et demi qui part d’une rencontre sur une place lyonnaise. Une centralité immigrée en cours de gentrification, comme c’est le cas dans beaucoup de quartiers du monde. Ici se croisent passant·e·s, habitant·e·s à la journée et à la nuit, âges, couleurs et classes confondues. Racontant cette place publique, les mobilités et difficultés pour y arriver, des hommes en situation de migration présente ou passée, prennent la parole. Entre désillusion, espoir et sentiment de révolte, ils témoignent des raisons de leur départ de Guinée Conakry, de leur traversée, de leur vie en France.

Projet participatif « De bancs en bancs les oubliés de l’espace public »

Le projet « De bancs en bancs : les oubliés de l’espace public » consiste en un atelier de création cinématographique avec des migrants africains qui habitent, à la journée, la place Mazagran située au cœur du quartier lyonnais de la Guillotière. Il s’agit de construire avec eux un espace d’expression, de dialogue et de création qui soit vecteur de connaissances et de reconnaissances.

Ce projet est avant tout un projet humain. Il est né d’une rencontre où nous avons décidé de mettre en commun nos connaissances et compétences afin de révéler le vécu de personnes souvent déconsidérées autant par les pouvoirs publics et médiatiques que par la société civile. Nous nous inscrivons dans une démarche d’anthropologie partagée et avons choisi de développer un processus participatif pour l’élaboration du projet. Au lieu de vouloir voir une réalité sur une situation, nous voulons que les idées émergent des habitants de cette place.

Après plusieurs mois passés à découvrir la place, nous voici embarquées dans une aventure réunissant 15 personnes. Nous avons commencé les ateliers en juin 2017 : apports théoriques sur le cinéma documentaire et la démarche ethnographique, visionnages de films, exercices pratiques puis écriture à proprement parlé du film. Ces rencontres, aboutiront au tournage d’un film documentaire à partir de l’automne. Une fois le film monté, le projet sera finalisé par une période de projections-débat publiques qui permettront de faire dialoguer un public varié avec les différents acteurs du projet (habitants, participants et anthropologues). A travers ce projet, nous espérons contribuer à une nouvelle manière d’apporter des réponses à la problématique contemporaine des migrations en combinant recherche, images et action. Notre démarche à un fort ancrage territorial, non seulement car nous souhaitons interroger les dynamiques migratoires à partir d’une place, mais aussi parce que nous souhaitons réunir différents acteurs locaux autour de ce projet.